
Quand un enfant pleure, notre premier réflexe est souvent de vouloir faire cesser les larmes. Pourtant, pleurer aide un enfant à traverser ce qu’il ressent.
« Ne pleure pas»
« Ce n’est pas grave»
« Allez, calme-toi»
Pourtant, pleurer n’est pas nécessairement un problème à résoudre. Les pleurs peuvent exprimer une détresse et signaler à l’adulte que l’enfant a besoin de soutien. La façon dont les parents répondent aux émotions de leur enfant participe d’ailleurs à la socialisation émotionnelle et au développement progressif de ses capacités de régulation.
Parfois, il n’a pas besoin que la situation change
Imagine un enfant qui voulait absolument aller au parc.
Mais il pleut.
Il proteste, s’énerve, puis se met à pleurer.
Tu peux essayer de le convaincre :
« On ira demain. »
« Regarde, on peut faire autre chose. »
Mais parfois, il n’a pas besoin d’une nouvelle solution.
Il a besoin de traverser la déception de quelque chose qui ne peut pas être changé.
Les « larmes de futilité » selon le Dr Gordon Neufeld
C’est là que l’approche du Dr Gordon Neufeld apporte une perspective intéressante.
Dans son modèle, la frustration apparaît lorsque quelque chose que l’enfant veut ne fonctionne pas ou ne peut pas être obtenu. Lorsque cette réalité ne peut pas être changée, l’enfant peut éventuellement passer de la lutte contre cette réalité à une forme d’acceptation accompagnée de tristesse : ce qu’il appelle les « larmes de futilité ». (Neufeld Institute)
Dans cette approche :
Les pleurs peuvent libérer une frustration accumulée et « nettoyer » le système nerveux.
Cette formulation appartient à l’approche de Neufeld. Elle ne doit donc pas être présentée comme une conclusion scientifique générale.
Mais l’idée centrale est intéressante pour les parents : parfois, aider un enfant ne signifie pas trouver un moyen de supprimer sa frustration. Il faut l’aider à traverser ce qui ne peut pas être changé.
Alors, que faire quand il pleure ?
❤️ 1. Rester présent
Tu n’as pas toujours besoin de parler.
« Je suis là. »
Ta présence peut suffire à lui montrer qu’il n’a pas à traverser ce moment seul.
⏳ 2. Ne pas chercher immédiatement à arrêter les pleurs
Tu peux reconnaître ce qui se passe :
« Tu voulais vraiment y aller. »
« C’est difficile que ce ne soit pas possible aujourd’hui. »
Reconnaître l’émotion ne signifie pas changer la limite.
🌱 3. Revenir aux mots après
Lorsque l’intensité est redescendue, l’enfant peut redevenir disponible pour réfléchir :
« Tu étais vraiment déçu. »
« Qu’est-ce qui t’a aidé à te sentir mieux ? »
«C’est aussi ainsi que les compétences émotionnelles se construisent progressivement : à travers des expériences répétées, les interactions avec l’adulte et l’apprentissage de différentes façons de répondre aux émotions» . (Article Science Direct)
Pleurer n’est pas toujours quelque chose qu’il faut arrêter.
Parfois, l’enfant ne cherche pas une solution.
Il est simplement en train de traverser une émotion qu’il ne peut pas encore porter seul.
Pleurer n’est pas un échec.
Parfois, c’est une partie du chemin vers le calme.
Gratchouille — parce que derrière chaque comportement, il y a quelque chose à comprendre.
Pleurer aide un enfant, mais l’accompagnement compte aussi
Pleurer aide un enfant à évacuer ce qu’il ressent, mais ce n’est qu’une partie du chemin vers l’apaisement. Lisez aussi notre article sur pourquoi nommer une émotion ne suffit pas toujours, ou consultez les conseils de Naître et grandir pour réagir face aux émotions difficiles.
