
«Tu es fâché» « Tu es déçu» « Tu es frustré»
Nommer une émotion peut aider l’enfant à mieux comprendre ce qu’il ressent. Mais comprendre ce que l’on ressent et réussir à le réguler sont deux compétences différentes.
Les recherches sur la socialisation émotionnelle montrent que les façons dont les parents répondent aux émotions, en parlent et accompagnent leur enfant sont associées au développement de ses compétences émotionnelles. Des interventions destinées aux parents ont également montré des effets positifs sur ces compétences chez les jeunes enfants.
Mais cela ne signifie pas qu’une phrase comme « tu es en colère » suffit à calmer un enfant.
Quand l’émotion déborde
Imagine ton enfant qui perd à un jeu.
Tu lui dis :
« Tu es vraiment déçu. Tu voulais gagner».
Il continue de pleurer.
Ce n’est pas forcément qu’il ne comprend pas ce qu’il ressent.
Quand l’émotion devient très intense, certaines capacités nécessaires pour réfléchir, inhiber une réaction ou trouver une solution peuvent devenir plus difficiles à mobiliser.
Alors, que peut-on faire ?
① Accueillir
Commence par montrer que tu as compris.
« Tu voulais vraiment gagner. »
« Tu es très déçu. »
Reconnaître l’émotion ne signifie pas accepter tous les comportements :
« Tu as le droit d’être en colère. Je ne te laisserai pas frapper. »
② Aider à traverser
Parfois, l’enfant a besoin de moins de paroles et davantage de présence.
Rester près de lui, s’éloigner momentanément de la situation, proposer du réconfort ou simplement lui laisser du temps peuvent être plus adaptés qu’une longue discussion.
L’objectif n’est pas de faire disparaître l’émotion immédiatement, mais de l’accompagner jusqu’à ce que l’enfant retrouve progressivement ses ressources.
La recherche souligne d’ailleurs que les pratiques parentales doivent être adaptées au contexte et à l’enfant, plutôt qu’appliquées mécaniquement.
③ Revenir aux mots
Une fois l’enfant plus disponible, on peut reparler de ce qui s’est passé :
« Qu’est-ce qui a été le plus difficile ? »
« Qu’est-ce qu’on pourrait essayer la prochaine fois ? »
C’est alors que les mots peuvent devenir un véritable outil de compréhension et de résolution de problème.
À retenir
Nommer l’émotion est important. Mais ce n’est qu’une partie de l’apprentissage émotionnel.
Nommer l’émotion ouvre la porte.
Parfois, l’enfant a d’abord besoin que tu l’aides à la traverser.
Aller plus loin après avoir nommé une émotion
Nommer une émotion est une première étape précieuse, mais ce n’est souvent qu’un début. Si le sujet vous parle, lisez aussi notre article sur pourquoi pleurer peut aider un enfant à revenir au calme, ou consultez le dossier de Naître et grandir sur les émotions des enfants.
